Reese Witherspoon

Wild (2015) de Jean-Marc Vallée

© Twentieth Century Fox

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Wild est l’adaptation du bestseller de Cheryl Strayed qui raconte ce qui l’a poussée à parcourir une randonnée longue de 1700 kilomètres. Reese Witherspoon interprète dans le film Cheryl Strayed. Sous la direction de Jean-Marc Vallée elle dégage une aura incroyable qui casse définitivement l’image de jolie jeune fille simple qu’elle pouvait avoir dans le passé. Tout comme Matthew McConaughey, qui fut véritablement transformé dans Dallas Buyer Club (précédent film de Jean-Marc Vallée) ce qui lui valut l’Oscar du meilleur acteur en 2014, on assiste à la métamorphose physique de Reese Witherspoon. En travaillant avec le corps de l’actrice, Jean-Marc Vallée parvient à dégager une beauté autre que physique.

Après le décès de sa mère à seulement 45 ans, Cheryl Strayed voit sa vie basculer. Ne parvenant pas à surmonter cet événement tragique, elle tombe dans la drogue et l’autodestruction. Après avoir tout perdu, Cheryl décide sur un coup de tête de se lancer dans un long voyage. Le sentier de randonnée le plus difficile et sauvage d’Amérique connu sous le nom de Pacific Crest Trail (PCT) et qui s’étend sur 1700 kilomètres. Cheryl se donne donc trois mois de marche pour faire le point sur sa vie, revenir sur son passé qui l’a amenée jusqu’ici et se reconstruire.

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En 2006, Reese Witherspoon recevait l’Oscar de la Meilleur Actrice pour Walk the Line (2006). Elle y interprétait June Carter, chanteuse country, dans ce biopic sur la vie du chanteur Johnny Cash. Ce rôle important reste encore aujourd’hui dans les esprits. Avant cela elle s’était fait remarquer dans plusieurs comédies romantiques, comme La Revanche d’un blonde (2001), à l’instar de Matthiew Mcconoey qui semble décidé depuis plusieurs années à faire oublier son image de « beau gosse ». Même si Reese Witherspoon est également productrice du film, le réalisateur affirme avoir insisté pour l’avoir devant sa caméra. Le fait de lui confier le rôle de Cheryl Strayed prend ainsi tout son sens avec la volonté du réalisateur de jouer avec l’image de l’actrice. Dans la quasi-totalité du film Reese Witherspoon a les cheveux sales, le visage poussiéreux et le corps couvert de blessures qu’elle reçoit tout au long de son voyage en pleine nature. Deux séquences mettant en scène l’actrice nue témoignent du travail pertinent du réalisateur par rapport au corps.

Après quelques kilomètres de marche, l’inexpérimentée Cheryl Strayed, est accueillie chez un couple pour prendre un dernier repas digne de ce nom et une douche. Un moment décisif où la jeune femme devra laisser son passé derrière elle. L’actrice sort de la douche et s’observe dans la glace. La caméra filme son corps nu dans son entier. Dès cet instant Jean-Marc Vallée nous fait bien comprendre que la beauté de son personnage ne réside pas dans son physique. Il détourne parfaitement cette séquence de nu. Car au-delà des parties du corps dévoilées, le spectateur ne voit que les marques : des rougeurs et des bleus provoqués par le parcours. Un sentiment d’horreur est ainsi provoqué.

© Twentieth Century Fox

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Vers la fin du film l’actrice est de nouveau mise à nu. Après avoir parcouru la quasi-totalité du PCT, Cheryl Strayed arrive en ville. Tandis qu’elle vient de passer plusieurs jours entièrement seule dans la nature, avec pour seule compagnie ses pensées et les souvenirs du passé qu’elle se remémore, elle fait la connaissance d’un jeune homme. Si par le passé elle enchaînait les conquêtes c’était uniquement dans le but de maintenir ce cercle d’autodestruction qu’elle s’infligeait. Les quelques scènes de sexe qui l’illustraient lors de flash-back étaient traitées de manière crue et violente. Désormais Cheryl est en accord avec elle-même. Son long voyage lui a fait accepter ses erreurs et elle semble avoir enfin trouvé qui elle est et ce qu’elle désire. Elle s’apprête à passer la nuit avec cet inconnu et Jean-Marc Vallée filme cette séquence de manière bien différente. Les deux personnages sont réunis dans une chambre. Tandis que Cheryl se déshabille, apparaissent toujours les marques sur son corps. Cependant l’homme nous incite à regarder plus loin. En embrassant délicatement les rougeurs sur le ventre de l’actrice, il empêche tout sentiment d’effarement. Avec lui on découvre une toute autre beauté qui provient davantage de la vie de cette jeune femme. Il y a son parcours incroyable, ce qu’elle a réalisé en tant que femme là où de nombreux hommes ont abandonné, qui force au respect. Il y a également le fait d’avoir surmonté les événements de son passé et d’être parvenue à se ressaisir. Jean-Marc Vallée l’a bien compris, il s’agit d’une femme admirable et il nous amène à la voir de manière subtile et intelligente. Cette séquence devient un moment d’amour beau, simple et honnête.

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Si Jean-Marc Vallée filme parfaitement le corps de l’actrice, l’interprétation en elle-même de cette dernière est à mettre en avant. En revenant continuellement sur le passé de Cheryl, Reese Witherspoon passe avec son personnage à travers différents états. Ces retours en arrière se lient alors parfaitement avec la marche du PCT. Car tandis que Cheryl souffre physiquement par ses efforts, on assiste à la souffrance psychologique du personnage qui voit son visage abimé, mais par la vie cette fois. Sa nouvelle nomination aux Oscars 2015 apparaît alors amplement méritée.

image à la une : © Twentieth Century Fox

Jennifer Lawrence

Hunger Games – La révolte : Partie 1 (2014) de Francis Lawrence

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Grâce à Hunger Games, tiré de la trilogie littéraire de Suzanne Collins, la jeune Jennifer Lawrence, vingt-quatre ans, est rapidement devenue une star mondiale. Après s’être faite remarquer dans quelques petits films, notamment le très bon Winter’s Bone (2010) de Debra Granik, elle obtient en 2012 le rôle principal de la saga. C’est le début des grands succès. Jennifer Lawrence devient une icône pour une génération d’adolescents et s’impose comme une actrice de talent à Hollywood avec Happiness Therapy (2012) de David O.Russell qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice. Deux ans plus tard elle est omniprésente dans les médias et enchaîne les grosses productions (Hunger Games donc mais également X-Men). Pourtant elle s’est forgée une image de fille simple, loin des paillettes d’Hollywood et du star system. Par l’image qu’elle renvoie, à travers des interviews ou autres interventions médiatiques, Jennifer Lawrence semble assez ressemblante à Katniss Everdeen, le personnage qu’elle interprète dans Hunger Games.

Après les derniers jeux, la rébellion envers le pouvoir totalitaire du Capitole et du Président Snow (Donald Sutherland) est en marche. Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) a été sauvée in extremis de l’arène après l’avoir en partie détruite. Sous l’influence des leaders de la rébellion elle devient le symbole du peuple et de la révolution. Elle est de nouveau utilisée, mise en scène et dirigée, cette fois dans le but de représenter au mieux les intentions rebelles. En devenant le « Geai moqueur », symbole du mouvement, elle va rallier les différents districts à la même cause pour renverser le Capitole. Pourtant son unique but est de protéger ses proches et de retrouver Peeta (Josh Hutcherson), capturé après l’explosion de l’arène.

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© Lionsgate

Au début de la saga Hunger Games, Katniss apparaît comme une adolescente simple qui tente de s’en sortir comme tout le monde dans son district. Lorsque débute la 74e édition des Hunger Games, elle décide de prendre la place de sa jeune sœur, dont le nom a été tiré au sort, pour représenter le district 12. Commence alors une série d’événements où Katniss se démarque par son anticonformisme et son non-respect des règles. Elle parvient même à changer la règle ultime qui consiste à n’avoir qu’un unique vainqueur. Elle ressort ainsi vivante de cette édition avec son équipier Peeta. A cet instant « miss Everdeen » devient le symbole d’un espoir retrouvé.
Dans les deux premiers épisodes Katniss devait correspondre à une certaine image car les Hunger Games sont avant tout un spectacle. La jeune fille se faisait coiffer, maquiller et habiller de magnifiques robes pour pouvoir plaire au public et ainsi obtenir de l’aide durant les jeux. Dans cette première partie du troisième épisode, Hunger Games : La révolte, les paillettes laissent place à la propagande pour la guerre. Désormais Katniss représente la rébellion contre le Capitole. Plus besoin de la faire belle, il faut en faire une guerrière. Sans vraiment s’en rendre compte la jeune fille est donc encore manipulée pour permettre la propagande de ceux qui se soulèvent contre le pouvoir. Et encore une fois Katniss se moque de tout cela. Son unique but est de retrouver celui qu’elle aime, Peeta. On la retrouve mal à l’aise lors de la réalisation d’un clip de propagande. La jeune fille est incapable de répéter un texte. Le film montre qu’elle n’est efficace que lorsqu’elle est dans l’action, qu’elle ne réfléchit pas et qu’elle suit son instinct. Elle est alors amenée directement en zone de combat, pour voir l’horreur de la guerre, accompagnée d’une équipe de tournage qui parvient ainsi à capter toutes ses émotions.

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© Lionsgate

Ce personnage qui évolue relativement peu à travers les épisodes, et particulièrement dans ce troisième film assez pauvre en rebondissement et en action, s’avère finalement assez proche de son interprète, Jennifer Lawrence, par son image et son caractère. Comme Katniss, elle s’est retrouvée propulsée au devant de la scène sans y avoir été préparée.
En effet l’actrice s’est forgée une réputation de fille simple et amusante. Nombreuses sont les vidéos d’interviews où la jeune fille étonne par son naturel, son humour et son autodérision. Des compilations et des montages de ses répliques sont régulièrement postés sur la toile. Elle enchaîne les gaffes mais reste absolument charmante par sa simplicité. On se souvient d’elle souhaitant porter la même robe aux Oscar que celle qu’elle avait aux Golden Globes, simplement parce que le vêtement lui allait bien. Chose évidemment impossible sur le tapis rouge. Ou encore lorsqu’en allant chercher sa récompense lors de la 84e cérémonie des Oscars en 2012 elle se prend les pieds dans sa robe et tombe au pied des marches.
Si Katniss parvient à garder ses valeurs et n’oublie pas d’où elle vient, il en va de même avec Jennifer Lawrence. Beaucoup font écho des blagues de l’actrice sur les tournages et de son franc parlé. On apprenait il y a peu que la jeune fille s’amusait à manger de l’ail avant chaque scène de baiser avec l’acteur Liam Hemsworth. Une manière de ne pas prendre au sérieux cette grosse production cinématographique. Une vraie météorite donc dans le paysage Hollywoodien. Elle combine parfaitement l’image glamour dictée par Hollywood sans pour autant y coller entièrement, n’hésitant pas à casser les conventions. Elle reste naturelle et honnête, ce qui donne souvent envie à ceux qui la regarde de l’avoir dans sa bande d’amis.

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© Lionsgate

En un rien de temps le personnage de Katniss obtient le soutient et l’admiration de tout un peuple. De la même manière Jennifer Lawrence est devenue en quelques années et une poignée de films une des personnalités les plus influentes d’Hollywood. Lorsque des photographies intimes d’elle et d’autres célébrités sont volées et dévoilées sur internet son image n’est pas pour autant entachée, bien au contraire. Elle est immédiatement mise en avant et fait même, à travers cet événement humiliant, de l’ombre aux autres victimes. On ne retient en effet que son nom et tout le monde s’empresse de prendre la défense de la jeune fille. En sortant au final indemne de cette histoire, du point de vue de son image, Jennifer Lawrence semble décidément intouchable. Reste à savoir si le personnage qui l’a révélé, Katniss Everdeen, s’en sortira aussi bien à la fin de ses aventures, dans la seconde partie de Hunger Games : La révolte, qu’on espère plus convaincant, prévue pour le 18 novembre 2015.

Jasmine Trinca

 La Chambre du fils (2001) de Nanni Moretti

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Lorsqu’elle est choisie pour participer au film de Nanni Moretti, Jasmine Trinca, vingt ans, est une novice dans le cinéma. Son premier rôle n’a rien de facile. Elle doit tenir tête à Nanni Moretti lui-même et à l’expérimentée Laura Morante. Jasmine Trinca interprète un personnage complexe et bien plus important qu’il n’y paraît. Ce qui ressort du film est avant tout la destruction du groupe familial à la suite de la mort du fils. Cette destruction est particulièrement mise en avant à travers Jasmine Trinca dont le personnage se retrouve abandonné par les adultes. Ce film est la première révélation de l’actrice. La Chambre du fils obtient la Palme d’Or lors de la 54e édition du Festival de Cannes en 2001.

Le film suit le quotidien d’une famille. Un quotidien bouleversé lorsque le fils, Andrea (Giuseppe Sanfelice), décède dans un accident de plongée sous-marine. On assiste à l’éclatement de la cellule familiale. La mère, Paola (Laura Morante), est la première à s’isoler. Le père, Giovanni (Nanni Moretti), tente de poursuivre son activité de psychanalyste mais finira par ne plus supporter les plaintes de ses patients sans exprimer les siennes. La fille, Irene (Jasmine Trinca), fait face à l’éloignement de ses parents. Elle est livrée à elle-même et doit tenir un rôle qui n’est pas le sien, prendre la place des adultes.

Nanni Moretti construit ce drame de manière très sobre en suivant simplement le quotidien d’une famille. Cependant sa mise en scène fait apparaître de nombreux éléments qui annoncent la destruction puis la reconstruction de la cellule familiale.
La première partie montre une famille banale qui vit ses moments de joie, comme les victoires d’Irene au basket-ball, et ses querelles, lorsqu’Andrea est accusé de vol à l’école. Autour de la vie quotidienne de la famille, on assiste aux consultations de Giovanni grâce à des extraits de séances avec différents patients.
La première scène familiale a lieu lors du dîner. Une scène qu’on retrouve à de nombreuses reprises durant le film et qui montre l’évolution des rapports et des liens entre les protagonistes. Lors de ce premier repas Irène est placée dans le cadre face à la caméra. Elle a une certaine sagesse et fait preuve de maturité en donnant des conseils à ses parents. Suite à l’accusation du vol qu’aurait commis Andrea, elle affirme que s’il dit être innocent il faut le croire. Les deux parents sont eux en bout de table et donc autour d’elle, quasiment de profil. On retrouve la même composition de plan lorsque Giovanni et Paola aident Irene pour ses devoirs. Le trio est uni dans le même cadre et Irene fait le lien entre ses parents. Elle est le fil conducteur, le résultat de leur union.

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C’est la composition normale de la cellule familiale. Moretti nous annonce l’éclatement à venir et le délaissement d’Irene toujours lors d’un repas. Cette fois au petit déjeuner. Andrea est à son tour face à la caméra, entouré des deux adultes, Irene quant à elle est placée de dos. C’est le dernier repas qu’aura la famille ensemble. Alors que Giovanni propose à Andrea de venir courir avec lui, il reçoit un appel d’un patient. Il doit annuler la sortie avec son fils pour rejoindre ce dernier. Un élément déclencheur qui provoquera la culpabilité de Giovanni puisqu’Andrea ira faire de la plongée sous-marine avec un ami à la place. En plaçant Irene de dos on nous annonce le délaissement qu’elle s’apprête à subir. Elle est constamment placée dans un coin de l’image. Par le rapprochement de la caméra elle sort au fur et à mesure du cadre. Elle est également à la place du spectateur et voit le père quitter la table pour répondre à une urgence de son travail.
A la suite de cette scène, les protagonistes se séparent pour vaquer à leurs occupations respectives. Chacun vit des petites agressions banales, ordinaires : une bousculade dans la rue, un klaxon sur la route… L’apparition de la musique, superposée à ces événements, laisse présager quelque chose de grave. On apprend en effet l’accident d’Andrea. C’est la fin de la première partie du film. Les trois personnages restant sont unis une dernière fois, en pleures, se serrant dans les bras les uns et les autres.

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Dans la seconde partie Irene est celle qui tente d’avancer. Face à la détresse de ses parents elle essaie de les tirer vers le haut, les ramener vers la vie. Malgré son jeune âge elle fait office de support. On assiste à l’impuissance et la faiblesse des adultes et Irene prend en partie leur place. Par exemple elle prend l’initiative, devant son père impuissant, de demander un dernier regard sur le corps de son frère avant que son cercueil ne soit refermé. C’est également elle qui prépare le petit déjeuner mais elle se retrouvera seule. Sa mère ne sort pas de sa chambre et son père, qui trouve refuge dans son travail, reste enfermé dans son bureau. Irene lance un appel à sa mère, à son père, mais aucun ne lui répond.
Parmi les initiatives qu’elle prend pour faire avancer leur vie, elle gère l’organisation d’une messe pour l’enterrement de son frère. Ses parents sont encore muets, ils acceptent passivement, se laissant portés par leur fille.
On retrouve toujours des scènes où la famille est réunie autour d’une table. Seulement désormais Irene n’est plus entourée par ses parents. Elle alterne, soit à côté de son père soit à côté de sa mère. Une manière pour Nanni Moretti de montrer qu’elle est délaissée et qu’elle n’a plus de place fixe. Sa révolte et l’expression de ses sentiments arrivent lors d’un match de basket-ball. Toutes ses émotions qu’elle ne peut pas partager avec ses parents finissent par exploser. Elle s’en prend directement à l’arbitre de la rencontre qui ne lui siffle pas une faute. Elle déclenche ensuite une bagarre entre elle et les joueuses adverses, puis entre elle et le public. A cet instant elle est seule face au monde qui l’entoure, ses parents ne parvenant toujours pas à lui venir en aide.

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Lors de la troisième et dernière partie, Paola reçoit une lettre d’une amie d’Andrea. Une jeune fille qu’il avait rencontrée durant l’été et qui lui écrit sans avoir connaissance de son décès. La famille est ainsi plongée dans une facette de la vie du fils qui leur était jusque-là inconnue. Seulement ce qui devrait les rassembler provoque encore un conflit, un désaccord entre Giovanni et Paola sous le regard de leur fille. Finalement Paola prend, enfin, l’initiative de contacter l’amie de leur fils. L’arrivée de cette dernière leur permet de vivre un dernier souvenir d’Andrea avant de tourner la page. Pour cela ils vont accompagner la jeune fille qui part en voyage. Ils proposent de la déposer en voiture jusqu’à la frontière entre l’Italie et la France. En allant à cette frontière ils pourront laisser partir leur fils. A travers cette fille ils peuvent faire leurs adieux, ceux qu’ils n’ont pas pu dire à Andrea.
Le film se termine tandis que la famille avance vers la mer, symbole d’un nouveau départ. La cellule familiale se reforme, Irene retrouvant sa place au centre.
Une réalisation toujours aussi intelligente et simple de la part de Nanni Moretti qui offre un film émouvant. Jasmine Trinca démarre à peine, mais elle enchaînera les rôles par la suite et collaborera de nouveau avec le réalisateur dans Le Caïman, en 2006.

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